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Publicité et communication médicale au Bénin : ce que vous avez le droit de faire
En résumé : le Code de déontologie médicale institué en 1973 interdit « tous les procédés, directs ou indirects, de publicité ou de réclame » (article 11) et limite les indications qu’un médecin peut mentionner (articles 12 et 13). Il ne parle pas d’Internet : appliquer ces principes à un site ou à un réseau social suppose une interprétation, que l’Ordre national des médecins est le mieux placé pour confirmer. En pratique, restez sobre et informatif : identité, titres reconnus, horaires, prévention — jamais de promesse, de comparaison, de remise ni de témoignage de patient.
Dernière mise à jour : 20 septembre 2026. Cet article est une lecture éditoriale des textes, pas un avis juridique.
Beaucoup de praticiens hésitent à communiquer en ligne par crainte de commettre une faute déontologique. La prudence est légitime, mais elle peut se guider : voici ce que disent précisément les textes, ce qu’ils ne disent pas, et les réflexes qui en découlent.
Ce que dit le texte de référence
Le Code de déontologie médicale a été institué par l’ordonnance n° 73-14 du 8 février 1973, dont le texte est publié par le Secrétariat général du Gouvernement. Les dispositions qui concernent la communication sont notamment :
- Article 11 : « La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. » Sont spécialement interdits les procédés, directs ou indirects, de publicité ou de réclame, et les manifestations spectaculaires touchant à la médecine qui n’ont pas exclusivement un but scientifique ou éducatif.
- Article 12 : les seules indications qu’un médecin est autorisé à mentionner sur ses feuilles d’ordonnance ou dans un annuaire sont celles qui facilitent ses relations avec ses patients, la qualification reconnue, les titres et fonctions reconnus valables et les distinctions honorifiques reconnues.
- Article 13 : à la porte de son cabinet, un médecin ne peut faire figurer que son nom, ses prénoms, ses titres, sa qualification, ses jours et heures de consultation, présentés « avec mesure selon les usages des professions libérales ».
- Article 23 : sont interdites toutes les supercheries propres à déconsidérer la profession, et notamment les pratiques du charlatanisme.
- Article 24 : divulguer dans le grand public un procédé de diagnostic ou de traitement dont la valeur et l’innocuité ne sont pas démontrées, ou le présenter comme salutaire ou sans danger alors qu’il est insuffisamment éprouvé, constitue une faute grave.
- Article 7 : le secret professionnel s’impose à tout médecin, sauf dérogation par la loi.
- Articles 18 et 20 : sont interdits notamment toute ristourne en argent ou en nature faite à un malade (hors remise gratuite d’échantillons pharmaceutiques), toute commission à quelque personne que ce soit et le compérage, c’est-à-dire l’intelligence entre médecins et pharmaciens ou autres personnes en vue d’avantages obtenus au détriment du malade.

Ce que le texte ne dit pas
L’ordonnance date de 1973 : elle ne mentionne ni site web, ni réseaux sociaux, ni fiche Google. Elle n’autorise donc pas expressément un site et ne l’interdit pas expressément non plus. Par ailleurs, le décret n° 2025-395 du 16 juillet 2025, qui fixe les attributions, l’organisation et le fonctionnement de l’Ordre national des médecins du Bénin, charge l’Ordre de défendre l’honneur et l’indépendance de la profession et de veiller au respect des devoirs professionnels (article 5) ; il prévoit des sanctions disciplinaires dont l’échelle va de l’avertissement à la radiation (article 66). Il abroge les dispositions antérieures contraires (article 109) sans les nommer : le statut exact de chaque disposition du texte de 1973 est donc à confirmer auprès de l’Ordre.
Notre recommandation : avant de lancer un site ou une page professionnelle, soumettez vos contenus à votre Ordre. Cela protège le praticien et évite de refaire un site.
Traduire ces principes en règles de rédaction
Ce qui reste dans l’esprit des textes
- Votre nom, vos prénoms, vos titres et votre qualification reconnus (articles 12 et 13).
- Vos jours et heures de consultation, votre adresse (article 13).
- Des contenus pédagogiques neutres et sourcés, à but éducatif : prévention, explication d’une affection, orientation vers une consultation (article 11, exception du but éducatif).
Ce qui expose à un risque
- Promettre un résultat ou une guérison — charlatanisme, procédé insuffisamment éprouvé présenté comme salutaire (articles 23 et 24).
- Se dire « le meilleur » ou se comparer à des confrères — procédé de réclame (article 11).
- Offrir une remise, une offre de bienvenue ou du parrainage — ristourne à un malade et pratique commerciale (articles 11 et 18).
- Publier des témoignages ou des cas de patients, même « anonymisés » quand la personne est reconnaissable — secret professionnel et réclame indirecte (articles 7 et 11).
- Toucher une commission ou nouer un partenariat rémunéré avec une pharmacie, un laboratoire ou un fournisseur (articles 18 et 20).
- Consulter dans les locaux d’un commerce de médicaments ou d’appareils (article 20).
Un exemple, ligne par ligne
Dans l’esprit des textes : « Le Docteur X, cardiologue, consulte à Cotonou, du lundi au vendredi. La consultation cardiologique permet de dépister tôt l’hypertension artérielle, une affection fréquente et souvent silencieuse. »
À éviter : « Le meilleur cardiologue de Cotonou vous garantit un cœur en parfaite santé. Nos patients témoignent : “Grâce au Docteur X, je ne prends plus aucun médicament !” Offre de bienvenue : -20 % sur votre première consultation. »
La différence ne tient pas au sujet, mais à la manière : la première version informe, la seconde promet, compare, cite des patients et offre un avantage.
Et les autres professions et établissements ?
Le Code de déontologie médicale s’applique aux médecins. Les pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et autres professionnels relèvent de leurs propres ordres et règles, et les cliniques ou distributeurs de matériel obéissent à des règles distinctes. L’Ordre national des médecins précise que les ordres nationaux ont été institués par l’ordonnance n° 73-38 du 21 avril 1973 : chaque profession doit donc vérifier auprès de son ordre ce qui lui est permis.
Pourquoi cette prudence vous protège
Elle protège d’abord le patient d’une information qui pourrait l’induire en erreur sur sa santé. Elle protège aussi le praticien : l’inscription au tableau de l’Ordre est obligatoire (article 41 du décret de 2025) et le tableau est public. Un professionnel dont la communication reste sobre s’expose beaucoup moins à un différend devant son Ordre.
Notre prestation de rédaction médicale EEAT construit chaque contenu selon ces principes, avec validation écrite du praticien avant publication.
Foire aux questions
Un médecin peut-il avoir un site internet ?
Le texte de 1973 ne traite pas d’Internet. Il interdit la publicité et la réclame et encadre les indications autorisées : un site sobre, limité à ces informations et à des contenus éducatifs, est dans l’esprit des textes. Faites valider votre projet par votre Ordre.
Puis-je publier les avis Google de mes patients sur mon site ?
Nous vous le déconseillons : publier des appréciations de patients relève du témoignage et peut constituer une réclame indirecte, sans compter le secret professionnel. Vous pouvez en revanche laisser vos patients s’exprimer librement sur votre fiche Google, sans les solliciter en échange d’un avantage.
Ma page Facebook ou LinkedIn est-elle concernée ?
Les mêmes principes s’appliquent : ne publiez que des contenus sobres et informatifs, sans promesse, comparaison ni cas de patient.
Une agence peut-elle publier à ma place ?
Elle peut rédiger et gérer techniquement, mais vous restez responsable de ce qui est publié en votre nom. C’est pourquoi aucun contenu ne doit être diffusé sans votre validation écrite.
Un pharmacien ou une clinique est-il soumis aux mêmes règles ?
Pas nécessairement : chaque profession et chaque type d’établissement a ses propres règles. Vérifiez-les auprès de votre ordre ou de l’autorité de tutelle avant de communiquer.
Sources
- Secrétariat général du Gouvernement du Bénin — Ordonnance n° 1973-14 du 8 février 1973 instituant un Code de déontologie médicale.
- Ordre national des médecins du Bénin — Décret n° 2025-395 du 16 juillet 2025 portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Ordre.
- Ordre national des médecins du Bénin — Tableau de l’Ordre (liste publique des médecins).
Cet article est rédigé à titre informatif et professionnel. Il ne constitue pas un avis juridique : demandez toujours confirmation à votre Ordre professionnel.
Spécialiste du marketing digital appliqué à la santé, il accompagne praticiens, officines et cliniques d'Afrique francophone dans leur visibilité en ligne, dans le respect strict de la déontologie médicale et de la réglementation APDP.